L’évolution de notre alimentation
Dans notre société occidentale actuelle, nous sommes en permanence dans un flot d’informations et de tentations face à la nourriture, qui nous influencent consciemment ou inconsciemment dans notre manière de consommer.
Il suffit de regarder la télévision plus que 30 min et voilà la page de publicité : j’estime qu’entre 60 et 80 % concernent notre alimentation ! On nous présente des produits particulièrement alléchants, mais évidemment pas conseillés d’un point de vue nutritionnel ! Avec de jolies annotations en bas de page ‘’ne consommez pas en excès’’.
Au niveau de la santé publique, nous sommes de plus en plus confrontés à des maladies en lien avec notre civilisation, dont l’alimentation et notre hygiène de vie jouent un rôle capital. L’émergence massive des maladies chroniques en lien avec une surcharge alimentaire et un manque d’activité physique : du surpoids à l’obésité, anorexie (ou la surcharge est davantage sur le plan mental), les maladies cardio-vasculaires (hypercholestérolémie, artériosclérose, attaques cérébrales), diabète, diverses maladies du système nerveux, arthrose, certains cancers (non exhaustif). Il faut savoir qu’une des conséquences de cette surcharge globale est un état inflammatoire profond et permanent, particulièrement néfaste surtout par le fait qu’il s’installe d’une manière sournoise sans crier gare durant des années (nous allons le voir en détail dans le chapitre sur les lipides).
Depuis de nombreuses années on peut aussi observer ce terrible paradoxe entre le fait que les personnes sont en surpoids et en même temps mal nourries en éléments essentiels. On peut sincèrement se poser la question : de quoi sommes-nous malades ?
Dans mes réflexions, j’aime me baser sur l’observation de la réalité physique, comme au niveau médical on observe la personne, on fait des mesures puis on pose un diagnostic. Donc je me suis dit que je souhaitais revoir l’évolution mondiale de cette thématique nutritionnelle, qui fait partie de mon quotidien dans ma pratique médicale depuis plus de 30 ans. Et voilà ma surprise, la sous-nutrition, des zones de famines existent toujours, mais bien d’avantage l’augmentation des personnes en situation de surpoids, voir d’obésité préoccupante et ceci dans le monde entier, concernant autant les enfants, adolescents et adultes !
Pour bien comprendre quelques notions de base :
Alors j’ai commencé à regarder ce qui s’est passé en Suisse dans ce petit pays où a priori les gens sont plutôt en bonne santé et bien nourris : il y a actuellement 42 % de personnes qui sont en surpoids, dont 11 % ont franchi le seuil de l’obésité. La maigreur ou des troubles anorexiques sont bcp plus difficilement cernables, car ils ne sont enregistrés que si il y a une atteinte grave.
Et si on prend les statistiques de l’OMS au niveau mondial sous ‘’obésité dans le monde’’ les chiffres sont effrayants ! D’ailleurs l’OMS parle d’une épidémie concernant le surpoids. La plupart des pays industrialisés naviguent entre 25 à 50 % de personnes en surpoids voir en situation d’obésité. L’Amérique du Nord évidemment est particulièrement bien représentée, mais aussi un pays comme le Brésil qui enregistre 40 % de sa population en état d’obésité. Pour les enfants et les adolescents, la situation n’est guère mieux ! Les chiffres : en Suisse nous avons entre 15 et 20 % des enfants en surpoids et 5 % en obésité.
L’OMS a estimé qu’en 2023 le nombre d’enfants obèses dépassera le nombre d’enfants en insuffisance pondérale au niveau mondial !!!
Je ne veux pas du tout avoir un discours culpabilisant pour les personnes en surpoids, je connais leur souffrance et leur combat quotidien. A mon avis, cette problématique est certes personnelle, mais elle est d’avantage collective – une responsabilité partagée ou nous sommes tous impliqués et responsables ! La santé publique est largement inefficace et les choix politiques vont bien souvent en faveur de l’industrie agroalimentaire en négligeant la véritable santé de la population. De plus, il faut le souligner, nos systèmes de santé vivent de la maladie et pas de la santé de la population. Car honnêtement quand on parle du coût de la santé, en réalité il est zéro ! C’est la maladie et notre manière de la prendre en charge qui est coûteuse !
Je souhaite vous proposer une petite pause avec un travail différent, pour percevoir en nous la réalité extérieure – autrement – et ne pas rester figés dans une négativité, au contraire soutenir en NOUS les forces de transformation. L’être humain n’est pas séparé de l’univers, il en fait partie et tout phénomène que nous pouvons observer dans le corps humain et un reflet du macrocosme.
Nous avons deux types de montagnes :
observez ces images, qu’est-ce qui s’en dégage ? Comment vous ressentez-vous ? Les unes sont plus en lien avec la silice et les autres avec le calcaire (je vous laisse regarder tranquillement les images).


Regardez maintenant ces deux plantes :


la prêle (très structurée, formée, les feuilles sont quasi absentes, un peu froide, presque comme une pierre). Elle contient beaucoup de silice. La deuxième : la courge (généreuse en feuille, fruit, ronde, un peu exubérante, très vitale et chaleureuse).
Ce sont comme deux grands archétypes de la vie que nous trouvons sous maintes expressions dans la nature, ils ont aussi inspiré les artistes, les cultures diverses. Les Grecs ont intégré ces principes à leur manière, je vous invite à observer leurs sculptures.
Où sommes-nous personnellement concernant cette structure profonde ?
Certes notre hérédité nous imprègne, notre mode de vie nous modèle, mais nous avons une constitution de base qui est la nôtre. Maintenir notre santé nous amène à chercher en permanence un équilibre entre ces deux grandes polarités universelles – silice ou calcaire. Nous vivons dans une société qui prône la jeunesse et la maigreur (il est connu que la plupart des Top modèles sont anorexiques) L’image de la maigreur nous est véhiculée comme l’image même de la beauté. Mais qui suis-je moi ? Où est ma beauté – mon épanouissement dans / avec mon corps ?
Voici la question suivante que je me suis posée : qu’est-ce que les gens mangent de si différent ?
Je vais vous montrer un schéma un petit peu plus ancien où vous pouvez observer l’évolution de quelques aliments de base entre 1900 et 2000. La consommation de pain est passée de 500 g par jour et par tête à 150 g. Le sucre, par contre est passé de 40 g par jour et par tête à 150 g -je reviendrai sur la consommation de viande. Les graisses sont devenues le 40% de l’apport calorique – avec évidemment la grande question : quelles graisses ? (voir chapitre sur les lipides).

Quand nous prenons les chiffres actuels de la consommation du sucre par habitant il y a une assez grande variabilité suivant les pays. Dans les pays européens, on se trouve entre 110 à 120 g par jour et par tête ; le plus grand consommateur au monde sont les USA avec 125 g par jour et par tête (ceci veut dire plus de 45 kg par an). Un peu dans le même domaine : la consommation de sodas en Europe : 50 % de la population dit consommer régulièrement des sodas. Sachant que dans un soda de 330 ml il y a l’équivalent de 40 g de sucre.
L’OMS recommande la limite supérieure de consommation de sucre à 25 g par jour.
Il faut aussi savoir, que les plus grands fabricants de sodas sont également les plus grands producteurs de déchets plastiques. La consommation de sucre n’a pas seulement une influence sur notre poids et notre métabolisme, mais modifie grandement le développement du goût ! Ce sens « le goût », dont je vais reparler à plusieurs reprises, est un véritable guide que nous avons tous, pour savoir quoi manger et comment. L’organe profond qui goûte est le foie.
La consommation de viande en Europe : les chiffres sont assez divergents. En Suisse on est à peu près à 50,2 kg par an et par habitant, en Espagne à 100 kg par an et par habitant. Les plus grands consommateurs de viande sont les Luxembourgeois avec 136 kg.
Donc on peut dire qu’il y a un changement considérable dans les habitudes alimentaires qui touchent le monde entier, une évolution qui s’est fortement accentuée depuis la deuxième guerre mondiale. On peut même dire que le monde agroalimentaire a totalement changé. Mais qu’est-ce qui s’est réellement passé ?
J’aime beaucoup ce regard sur les évolutions, qui permet de s’approcher des véritables processus dans lesquels nous sommes impliqués. C’est comparable à notre propre biographie. D’où venons-nous et où allons-nous ?
1.
L’artillerie de guerre comme les chars, sont devenus la base du développement des machines agricoles. Ces machines beaucoup plus performantes, beaucoup plus grandes et puissantes, permettent l’exploitation rapide de très grandes surfaces de terre et de diminuer la main d’œuvre. Résultat : une augmentation considérable du rendement.

2.
Les surfaces de terre pour chaque fermier sont devenues nettement plus étendues, il y a de moins en moins de petits agriculteurs, mais plutôt des gestionnaires de terre, dont la préoccupation première est le rendement.
3.
À la suite d’études, menées durant différentes guerres (les divers gaz à base d’azote, pour ne citer un exemple) ont largement contribué à l’utilisation massive et quotidienne des herbicides, insecticides et engrais chimiques pour améliorer le rendement des cultures, dont persistent évidemment des traces sur la terre, dans l’eau, l’air. Hélas nous trouvons des traces dans tous les organismes vivants, peu importe leur taille, mais vivant autour des cultures industrialisées ou consommant les aliments ainsi produits : les microorganismes, les animaux, les êtres humains. Ce qui personnellement m’a le plus choqué, est que les bébés déjà in utero sont imprégnés d’une multitude de substances toxiques, comment l’ont montré un certain nombre d’études alarmantes. Actuellement toute notre planète est arrosée de pesticides, herbicides et d’engrais hélas chimiques.
4.
Passage vers l’élevage intensif des animaux : un animal est considéré comme la terre – un objet de rendement. Ce type d’élevage va de pair avec un non-respect de l’animal, voire de la maltraitance. Les animaux sont de plus en plus malades d’où l’utilisation massive d’antibiotiques pour combattre leurs maladies. Ces produits sont aussi utilisés comme facteurs de croissance. Nous connaissons actuellement une énorme problématique dans le domaine de la santé, car les bactéries sont devenues résistantes aux antibiotiques, ce qui rend l’utilisation de ces médicaments plus difficiles. Mais ce fardeau dépasse largement le domaine médical. Antibiotique signifie ‘’anti bio’’ contre la vie. L’imprégnation de la terre avec ces antibiotiques, ainsi que ceux que la médecine humaine utilise et que le consommateur rejette dans la nature à travers ses urines et ses selles, attaquent notre biosphère.
Mais revenons à l’élevage intensif. Il faut bien réaliser qu’un site de production n’est pas isolé de son environnement, ce qui signifie que tous les polluants sont rejetés dans son environnement, ce qui a comme conséquence la pollution des nappes phréatiques, de l’air et de toute la faune autour. Nous sommes tous totalement interdépendants ! Heureusement il y a des agriculteurs qui vivent et travaillent dans le respect des animaux, de l’environnement, car il ne faut pas oublier que les animaux participent d’une manière indispensable à la fécondité de la terre par leurs selles.
5.
Nous pouvons aussi assister aux déplacements des sites de production, dans des pays où le travail est moins coûteux, où les législations sont moins strictes, en bref où le rendement est meilleur ! Pour vous donner un exemple, en Suisse, on produit de la betterave à sucre qui est subventionnée par l’État, mais le projet est de cesser cette production, pour pouvoir importer le sucre du Brésil, le plus grand producteur de sucre au niveau mondial. Ce n’est qu’un tout petit exemple parmi des milliers.
6.
De nouveaux processus de raffinage des aliments de base pour garantir une meilleure conservation et un rendement plus élevé, ont été mis en place. Notamment pour les aliments de base comme : les huiles, les céréales dont les farines bien sûr et le sucre. Ce raffinage modifie considérablement la qualité des aliments, en les appauvrissant en substances vivantes. Ils deviennent donc vides, nous y reviendrons longuement.
7.
Les techniques modernes de transformation des aliments sont de plus en plus raffinées et poussées – la vraie baguette magique de l’industrie agroalimentaire ! Où nos sens comme le goût, la vue et l’odorat sont totalement trompés ! Comme cette tarte au citron issus d’une production industrielle où le citron a nettement plus de goût que celui de la tarte maison, car poussé par les additifs multiples. Comment voulez – vous que nos organes des sens puissent nous guider ???
8.
Les modes de cuisson ont énormément changé, c’est un point que je développerai particulièrement ultérieurement.
9.
Je souhaite aussi attirer votre attention sur la pollution qui provient du domaine médical. Il y a énormément de déchets produits dans les hôpitaux, dont les médicaments qui constituent un facteur polluant non négligeable. Prenons quelques exemples : l’utilisation des antibiotiques qui attaquent la microflore de la terre, mais ceci concerne aussi les chimiothérapies. Une chimiothérapie a comme but de tuer des cellules de notre organisme, mais une fois relâchées dans la nature – par l’urine et les selles des patients traités – ces substances vont continuer leur action tueuse de la vie dans l’environnement. La pilule contraceptive et les traitements hormonaux (ménopause, fertilité etc.) sont fortement dosés en œstrogènes. Donc depuis les années 60 ces hormones ont été largement prescrites et nous avons des milliers de femmes qui sécrètent tous les jours de petites quantités d’œstrogènes synthétiques dans la nature ! Ceci participe à l’imprégnation planétaire en œstrogènes, dont les conséquences graves sont observables jusqu’à l’Arctique. Certes actuellement on parle des plastiques des emballages avec leur effet œstrogène-like dans le cadre de la pollution planétaire, mais il me semble que d’autres sources de pollution devraient aussi être revues.
Les conséquences de cette évolution sont graves et nombreuses, pour n’en citer que quelques-unes :

En résumé
On pourrait dire : « que la terre est malade des hommes et les hommes sont de plus en plus malades par leur comportement toxique ». Désolée pour cette phrase pas très positive, mais il est temps de regarder avec clarté les conséquences de nos actes et de nous poser les bonnes questions comme : comment prendre soin de notre santé et de celle de notre planète ???
Nous sommes dans une situation totalement paradoxale où nous exploitons d’une manière massive toutes les ressources de la terre – pour en produire plus – mais en face nous avons les hommes où la problématique du surpoids, de l’obésité, comme une des conséquences de la surconsommation des aliments est majeure. Ça veut dire que nous pourrions clairement produire moins, autrement, en respectant la terre et en consommant plus raisonnablement, consciemment en lien avec nos besoins véritables.
Je ne dirais pas que nous sommes ce que nous mangeons, mais ce que nous mangeons a un impact considérable sur notre santé physique et psychique ainsi que sur notre évolution spirituelle. Mais la question de l’alimentation n’est pas seulement une question personnelle, mais elle touche tous les êtres humains, les animaux, la terre et notre système planétaire dans sa globalité. Il faut absolument devenir plus attentif et conscient de tous nos actes concernant notre alimentation et de l’impact de nos choix sur notre santé et notre environnement.
Quel est le but de ma démarche actuelle ?
J’aimerais vous donner des bases solides de connaissance pour que vous puissiez réfléchir et intégrer les informations que vous recevez dans ce domaine, pour avoir une pensée critique et saine de la réalité.
